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Compétences et IA

Plan de formation (plan de développement des compétences) : méthode et modèle pour une PME

Publié le · 6 min de lecture

Le plan de formation, appelé plan de développement des compétences depuis la réforme de 2018, regroupe les actions de formation que l'employeur décide pour ses salariés. Dans une PME, il est souvent réduit aux formations obligatoires. Bien construit, il devient pourtant l'outil qui prépare les équipes aux évolutions des métiers, dont l'arrivée de l'IA. Voici la méthode, de l'analyse des besoins au suivi, avec un modèle prêt à l'emploi.

Qu'est-ce que le plan de développement des compétences ?

Le plan de développement des compétences rassemble les actions de formation organisées à l'initiative de l'employeur : formations en salle ou à distance, formations en situation de travail, bilans de compétences ou actions de validation des acquis de l'expérience. Il a remplacé le plan de formation, mais l'usage a conservé l'ancien nom.

Sa forme est libre. Aucun modèle officiel n'est imposé, et une PME peut le présenter sous forme d'un tableau d'une page. Ce qui compte, c'est qu'il traduise des choix : quels salariés former, à quoi, quand et avec quel financement.

Le plan de formation est-il obligatoire ?

L'employeur a deux obligations de fond : assurer l'adaptation des salariés à leur poste de travail, et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations. Il doit aussi organiser certaines formations imposées par la réglementation, par exemple en matière de sécurité.

À notre connaissance, le Code du travail n'impose pas de formaliser un document intitulé « plan » : il impose les obligations d'adaptation et de maintien dans l'emploi (article L. 6321-1). Formaliser un plan reste la manière la plus simple de démontrer qu'elles sont tenues. Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, le CSE est consulté chaque année sur la politique sociale, qui comprend la formation, et sur les orientations stratégiques, sauf accord fixant une autre périodicité (articles L. 2312-17 et L. 2312-26).

Comment recueillir les besoins de formation ?

Un plan utile part de trois sources, à croiser :

  • Les projets de l'entreprise : nouveaux marchés, nouveaux outils, réorganisations, déploiement d'outils d'IA.
  • Les entretiens de parcours professionnel : souhaits d'évolution et écarts de compétences relevés avec chaque salarié. Notre article sur l'entretien de parcours professionnel détaille ce qui change pour l'employeur.
  • L'analyse des métiers : postes qui évoluent, métiers difficiles à pourvoir, savoir-faire concentrés sur quelques personnes. La démarche de GEPP en PME fournit cette lecture.

Demandez aussi aux managers les trois compétences qui manquent le plus dans leur équipe. La réponse est souvent plus précise qu'un questionnaire général.

Comment prioriser les actions de formation ?

Les besoins dépassent toujours le budget. Classez-les en trois catégories :

1. Les formations obligatoires

Sécurité, habilitations, certifications réglementaires propres à votre secteur. Elles passent en premier, avec leurs échéances de renouvellement.

2. L'adaptation au poste et le maintien dans l'emploi

Les actions liées aux changements d'outils et d'organisation. C'est ici que se place la formation aux usages de l'IA pour les métiers les plus exposés.

3. Le développement des compétences

Les actions qui préparent l'avenir : polyvalence, mobilité interne, montée en responsabilité, préparation de la relève sur les métiers où des départs approchent.

À l'intérieur de chaque catégorie, priorisez les métiers où l'écart entre compétences actuelles et besoins futurs est le plus fort.

Que contient un modèle de plan de formation ?

Un modèle en huit rubriques couvre l'essentiel :

  • 1. Contexte et orientations : projets de l'entreprise, évolutions technologiques, résultats des entretiens.
  • 2. Formations obligatoires : public, échéance, organisme.
  • 3. Adaptation et maintien dans l'emploi : public, objectif, format.
  • 4. Développement des compétences : actions liées aux projets et aux souhaits d'évolution.
  • 5. Calendrier : période de réalisation, en tenant compte des pics d'activité.
  • 6. Financement : budget de l'entreprise, OPCO, CPF, formation interne.
  • 7. Suivi et évaluation : indicateurs retenus.
  • 8. Information du CSE : date de présentation, lorsque l'entreprise en a un.

Notre modèle de plan de formation reprend ces rubriques ; il se remplit en ligne et se télécharge gratuitement.

Comment financer le plan de formation d'une PME ?

Plusieurs leviers se combinent :

  • L'OPCO de votre branche : pour les entreprises de moins de cinquante salariés, il finance les actions du plan, la rémunération du salarié en formation et les frais annexes (article L. 6332-17), dans les limites et selon les critères qu'il fixe.
  • Le budget propre de l'entreprise, seul levier au-delà de ce seuil, complété le cas échéant par des contributions conventionnelles de branche.
  • Le CPF du salarié, avec son accord, pour une formation certifiante, que l'employeur peut abonder.
  • La formation interne et en situation de travail : tutorat, binômes, ateliers animés par des salariés experts.

Consultez votre OPCO avant d'engager une dépense : les règles de prise en charge changent régulièrement.

Quelles erreurs éviter dans un plan de formation ?

  • Reconduire le plan de l'an passé : les besoins changent avec les outils, les départs et les projets ; repartez des entretiens et de l'analyse des métiers.
  • Confondre catalogue et plan : une liste de formations disponibles ne dit pas qui former, pourquoi ni dans quel ordre.
  • Oublier la formation en situation de travail : tutorat, binômes et ateliers internes comptent, coûtent peu et s'adaptent à vos tâches réelles.
  • Former sans préparer le retour au poste : prévoyez avec le manager comment la compétence sera mise en pratique dès la fin de la formation.
  • Décider seul dans les entreprises dotées d'un CSE : les orientations de la formation font partie de ses consultations récurrentes.

Comment suivre et évaluer le plan ?

Retenez peu d'indicateurs, suivis chaque trimestre : actions réalisées par rapport aux actions prévues, salariés formés par métier, formations obligatoires à jour, effets observés sur le poste six mois après. Le bilan de l'année nourrit le plan suivant et les entretiens de parcours professionnel.

Pour savoir quels métiers former en priorité, le Diagnostic express identifie en 8 minutes les métiers exposés à l'IA et aux départs. Pour trouver des organismes adaptés, voir nos partenaires formation.

Questions fréquentes

Quelle différence entre plan de formation et plan de développement des compétences ?

Aucune sur le fond : depuis la réforme de 2018, le plan de formation s'appelle plan de développement des compétences. Il regroupe les actions de formation décidées par l'employeur.

Une petite entreprise doit-elle avoir un plan de formation ?

Elle doit adapter ses salariés à leur poste et veiller à leur employabilité. Un plan, même d'une page, est la façon la plus simple de l'organiser et de le démontrer.

Quand établir le plan de formation ?

Le plus souvent en fin d'année, pour l'année suivante, après les entretiens de parcours professionnel et avant les arbitrages budgétaires. Il se révise en cours d'année si les projets changent.

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