Aller au contenu principal

Obligations RH

PSE : étapes, obligations et alternatives pour une PME ou une ETI

Publié le · 6 min de lecture

Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est obligatoire lorsqu'une entreprise d'au moins cinquante salariés envisage de licencier au moins dix salariés pour motif économique sur une même période de trente jours. Il vise à éviter les licenciements ou à en limiter le nombre, et à faciliter le reclassement des salariés concernés. Voici les étapes, les obligations de l'employeur et les alternatives à examiner avant d'en arriver là.

Quand le PSE est-il obligatoire ?

Deux conditions cumulatives déclenchent l'obligation :

  • l'entreprise emploie au moins cinquante salariés ;
  • le projet porte sur au moins dix licenciements pour motif économique sur une même période de trente jours.

En dessous de ces seuils, l'employeur suit la procédure de licenciement économique de droit commun, avec consultation du CSE selon le nombre de salariés concernés. Notre guide sur la procédure de licenciement économique détaille ces cas.

Le motif doit être réel et sérieux : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou cessation d'activité. Le PSE ne dispense pas de justifier ce motif.

Accord collectif ou document unilatéral : quelle voie choisir ?

Le contenu du PSE est fixé de l'une des deux façons suivantes :

  • Un accord collectif majoritaire, négocié avec les organisations syndicales représentatives. Il est ensuite soumis à la validation de la DREETS, qui exerce un contrôle plus limité.
  • Un document unilatéral élaboré par l'employeur, après consultation du CSE, lorsque la négociation n'aboutit pas ou n'est pas engagée. Il est soumis à l'homologation de la DREETS, qui vérifie notamment que les mesures sont proportionnées aux moyens de l'entreprise et du groupe.

Les deux voies peuvent se combiner : un accord partiel complété par un document unilatéral. La DREETS dispose de quinze jours pour valider un accord et de vingt et un jours pour homologuer un document unilatéral, à compter de la réception du dossier complet. Son silence vaut acceptation (article L. 1233-57-4).

Quelles sont les étapes d'un PSE ?

1. Préparer le projet

Formalisez le motif économique, les catégories professionnelles concernées, le nombre de suppressions de postes, le calendrier et les critères d'ordre des licenciements. C'est le moment de vérifier si des alternatives peuvent réduire le nombre de départs.

2. Informer la DREETS et ouvrir la négociation

L'administration est informée dès l'ouverture de la négociation ou de la procédure. En parallèle, la négociation d'un accord peut s'engager avec les syndicats.

3. Consulter le CSE

Le CSE est consulté sur l'opération projetée et ses modalités d'application, ainsi que sur le projet de licenciement collectif. Il peut se faire assister d'un expert. Sauf accord prévoyant d'autres délais, le CSE rend ses avis dans un délai de deux mois pour moins de cent licenciements, trois mois de cent à deux cent quarante-neuf, et quatre mois à partir de deux cent cinquante (article L. 1233-30). Faute d'avis dans le délai, il est réputé consulté.

4. Obtenir la validation ou l'homologation

L'employeur transmet l'accord ou le document unilatéral à la DREETS. Aucun licenciement ne peut être notifié avant la décision de l'administration.

5. Notifier et accompagner

Les licenciements sont notifiés individuellement, puis les mesures d'accompagnement se mettent en place : reclassement, formation, aide à la création d'entreprise.

Que doit contenir un PSE ?

Le plan comporte un ensemble de mesures pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre, et pour faciliter le reclassement des salariés dont le départ ne peut être évité :

  • le reclassement interne, sur des postes disponibles dans l'entreprise ou le groupe en France ;
  • la création d'activités nouvelles par l'entreprise ;
  • le soutien au reclassement externe, notamment par l'appui de cabinets spécialisés ;
  • l'aide à la création ou à la reprise d'entreprise par les salariés ;
  • la formation, la validation des acquis de l'expérience et la reconversion ;
  • la réduction ou l'aménagement du temps de travail, lorsque cela permet de préserver des emplois.

Selon la taille de l'entreprise, les salariés se voient proposer un congé de reclassement ou un contrat de sécurisation professionnelle. Une priorité de réembauche s'applique ensuite pendant un an.

Quel rôle pour le CSE et l'expert ?

Le CSE joue un rôle central. Il reçoit une information complète sur le projet : raisons économiques, nombre de suppressions envisagées, catégories concernées, critères d'ordre, calendrier et mesures sociales. Il peut recourir à un expert-comptable, financé par l'employeur, pour analyser le motif et les mesures proposées. Ses avis, même non contraignants, pèsent sur l'appréciation de la DREETS : une consultation menée sérieusement sécurise la procédure.

Quelles alternatives examiner avant un PSE ?

Un PSE est long, coûteux et marque durablement le climat social. D'autres outils peuvent répondre à des difficultés économiques avec moins de départs contraints :

  • l'accord de performance collective, qui aménage durée du travail, rémunération ou mobilité pour répondre aux besoins de fonctionnement de l'entreprise ;
  • l'activité partielle de longue durée, lorsque la baisse d'activité est durable mais n'appelle pas de suppressions de postes ;
  • la rupture conventionnelle collective, qui organise des départs exclusivement volontaires, par accord ;
  • la mobilité interne et la formation, lorsque certains métiers déclinent pendant que d'autres recrutent.

Ces alternatives supposent d'avoir une vision claire des métiers en déclin et en croissance. C'est l'objet d'une démarche de GEPP en PME.

Comment anticiper plutôt que subir ?

La plupart des restructurations ont des signes avant-coureurs : un marché qui se contracte, une technologie qui remplace des tâches, une dépendance à un client ou à un pays fournisseur. Les risques géopolitiques et l'arrivée de l'IA dans les métiers accélèrent ces mouvements.

Repérer tôt les métiers exposés laisse le temps de former, de réorienter et de recruter autrement, ce qu'un PSE ne permet plus. Le Diagnostic express donne en 8 minutes une première lecture des métiers de votre entreprise les plus exposés, sans donnée nominative. Pour construire un plan d'anticipation avec vos managers, notre offre de conseil RH peut vous accompagner.

Questions fréquentes

Une entreprise de moins de cinquante salariés doit-elle faire un PSE ?

Non. En dessous de cinquante salariés, l'employeur suit la procédure de licenciement économique collectif de droit commun, avec consultation du CSE et information de la DREETS, mais sans plan de sauvegarde de l'emploi.

Quelle différence entre PSE et rupture conventionnelle collective ?

Le PSE encadre des licenciements économiques, imposés aux salariés concernés. La rupture conventionnelle collective organise des départs uniquement volontaires, prévus par un accord majoritaire, sans licenciement.

Combien de temps dure un PSE ?

Plusieurs mois en général : préparation, négociation, consultation du CSE, dont le délai dépend du nombre de licenciements, puis décision de la DREETS avant toute notification.

Faites le point sur vos métiers

Sources

Toutes les ressources